Le cinéma français a la cote en Russie

Ce mercredi débute à Moscou le festival de cinéma français. Un événement très attendu, qui montre l’attrait de la Russie pour le 7ème art français, placé au 2ème rang des plus exportés dans le monde.

Affiche du film «Ces amours-là» de Claude Lelouch

Pour la 12ème année consécutive, le Festival «Le cinéma français aujourd’hui» ouvre ses portes en Russie.

D’abord jusqu’au 9 décembre à Moscou, la manifestation se déroulera ensuite à Kazan du 10 au 12 décembre, avec au programme la présentation de plusieurs films dont «La ligne droite» de Régis Wargnier, «Les Lyonnais» d’Olivier Marchal, «Un baiser papillon» de Karine Silla ou encore «Vénus Noire» d’Abdellatif Kechiche.

Des rétrospectives sur de célèbres acteurs français viennent s’ajouter pour compléter cette offre cinématographique.

Les Russes aiment le «made in France»

Il faut dire qu’un large public russe apprécie le cinéma français qui a enregistré l’année dernière plus de 3 millions d’entrées en Russie.

«Après une chute de près de 70% de ses entrées entre 2008 et 2009, le cinéma français repart à la hausse avec une augmentation de 40,1% en un an, entre 2009 et 2010 », rapporte une étude publiée en 2010 d’Unifrance, l’organisme chargé de promouvoir la production cinématographique française à l’étranger.

Selon la même enquête, 50 films sur 396 sortis l’année dernière en Russie étaient des productions françaises tandis que 71 étaient des productions nationales.

Cette présence cinématographique française incontestée en Russie est historique. Elle s’explique d’abord par «l’amour des Russes pour la France», explique Joël Chapron, Chargé d’études à Unifrance et responsable de la zone Europe centrale et orientale.

Dès l’époque soviétique, les films français avec Gérard Philipe, Jean-Paul Belmondo ou Louis de Funès ont séduit les cinéphiles russes. «Pendant la période soviétique, les cinémathèques française et italienne étaient les deux seules autorisées», précise Christine Laumond, Attachée pour l’audiovisuel à l’Ambassade de France en Russie.

Ce qu’aiment les Russes

Pour cette professionnelle du secteur, «les Russes aiment les comédies et les histoires d’amour romantiques. C’est un public jeune et féminin

Récemment, les long-métrages comme «Potiche» de François Ozon, «Ces amours-là» de Claude Lelouch ou «L’Arnacoeur» de Pascal Chaumeil ont remporté un grand succès dans le pays.

Les films d’action tels que «Largo Winch» de Jérôme Salle, «L’immortel» de Richard Berry ou «Taxi» produit par Luc Besson ont aussi reçu ces dernières années un accueil des plus chaleureux sur le sol russe. Et c’est d’ailleurs en tant que producteur mais aussi réalisateur que ce dernier est reconnu et très apprécié des Russes.

D’autres réalisateurs comme Jean-Pierre Jeunet ont aussi acquis une certaine renommée tandis que côté acteurs, Amélie Tautou, Sophie Marceau, Mélanie Laurent, Catherine Deneuve, Vincent Cassel, Jean Reno, Gérard Depardieu, Dany Boon ou Jean Dujardin tiennent le haut de l’affiche.

«Les acteurs français plaisent aux Russes car ils ont une qualité de jeu qu’ils reconnaissent. Ils aiment aussi notre approche de la vie en général, cette façon de ne pas traiter des choses graves avec gravité mais avec humour et distance», explique Christine Laumond.

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L’Académie franco-russe du cinéma

En juillet dernier, la France et la Russie se sont lancées dans une plus grande coopération cinématographique avec le lancement de l’Académie franco-russe du cinéma.

Présidée par le réalisateur russe, Pavel Lounguine, cette structure a pour but de favoriser la coproduction, la formation et la valorisation du patrimoine.

«Cette académie est un outil pour la production», explique sa présidente d’honneur, Carole Bouquet. «J’ai une admiration pour le cinéma russe et j’aime le cinéma français. C’est un très beau projet, une aventure que l’on va essayer de vivre le mieux possible» a ajouté l’actrice.

Cette nouvelle institution pourra –pourquoi pas- permettre aux Français de mieux découvrir, voire redécouvrir, le cinéma russe qui avait tant marqué les esprits au début des années 1990.

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